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Existerait-il un état de virilité !

samedi 4 décembre 2004, par Mireille-Caroline

Régulièrement, les hommes s’interrogent sur leur virilité. Les femmes quant à elles sont partagées et s’affrontent sur ce qu’est un homme viril. Mais qui pourrait dire avec précision à quand remonte la création du mot ? Quel est son pendant au féminin ? Et pourquoi de manière récurrente les hommes font-ils une crise d’identitarisme sur leur masculinité ?

Le mot est apparu dans la langue française en 1495. C’est monsieur J. de Vignay qui l’a employé. Viril du latin virilis qui signifie « homme » tout simplement. La virilité l’avait précédé dès 1488. Quant à viriliser c’est le fait d’un certain Mercier en 1801. Le virilisme lui est tout récent puisqu’il ne date que du XXe S..
Autrement dit, écrire « un homme viril » est un pléonasme. Autant dire un homme homme....
La virilité d’un homme, donne un homme ayant l’apparence d’un homme. Avec cela nous sommes biens avancés. Autre mot latin pour homme « homo » Alors on peut aussi faire un homo virilis. En latin cela passe, mais en français c’est redondant, cela nous donne toujours un « homme homme »

Ceci est pour la partie étymologique. Sur le plan social, chaque crise d’identité masculine à travers les âges ont été constatées à des moments bien précis. Elles se sont produites chaque avancée des femmes dans la vie sociale, politique et économique. A chaque fois, les hommes se sont sentis déstabilisés et ont vécu cette émancipation incontournable comme une perte de repère et une attaque à leur encontre.
Attaques qui ont été de fait puisqu’ils se sont opposés verbalement et parfois physiquement à ces réalités !

Les grandes dates des crises masculines :

Les premières manifestations écrites remonteraient au XVIIIe s. La révolution de 1789 ayant permis le divorce pour incompatibilité d’humeur n’a fait qu’accroître le malaise. Beaucoup de femmes à cette époque en ont profité pour recouvrer la liberté. Liberté vite réprimée par ce bon Napoléon avec son code civil qui ramena l’élément féminin au rang d’irresponsable.

Mais la fin du XIXe s. avec le travail des femmes de plus en plus nécessaire pour l’économie, piqua de nouveau au vif, les représentants du sexe fort. Les choses ne s’arrangèrent guère après la première guerre mondiale. Pendant les quatre années que dura ce triste épisode de l’histoire, les femmes avaient pris l’habitude de décider sans en référer à qui que ce soit. Le retour des poilus ne se fit pas sans pleurs, ni grincements de dents.
Des organisations politiques de femmes réclamèrent le droit de vote. Droit qui leur fut refusé par Clémenceau sous le prétexte que dans les campagnes les femmes étaient très dévotes et que leurs votes profiteraient aux conservateurs trop chrétiens et risquant de mettre en péril la laïcité.

Dès les années 20 cependant l’émancipation de la femme se fit. Contre les lois en vigueur (Code civil napoléonien) elles portèrent des pantalons, se firent couper les cheveux et se mirent à fumer en signe de contestation. N’hésitèrent pas à sortir entre femmes dans les lieux jusque là réservés aux hommes et même à coucher avant le mariage ! Les plus nantis avaient même des garçonnières...
Ce fut encore une période où l’homme se sentit remis en question !

Puis vint la seconde guerre mondiale. Dès 1939 les hommes partirent à la guerre. Puis grâce au gouvernement de Vichy, ils revinrent, mais pour aller en Allemagne travailler comme ouvrier dans les usines ou dans les champs germains.
Là encore les femmes furent mises à contribution. Six ans plus tard, après la Libération, le droit de vote leur fut enfin accordé par le Général de Gaulle au titre de l’effort qu’elles avaient accompli pendant ces années sombres.

Puis d’autres guerres arrivèrent l’Indochine et l’Algérie entre les années 1950 et 1960. En parallèle l’économie de marché grignotait du terrain et se mettait en place doucement. Le travail des femmes était devenu indispensable pour le PIB des pays industrialisés. La femme put alors accepter un travail sans l’autorisation de son mari et ouvrir un compte bancaire à son nom.
Tant de changements dans la vie de l’homme moyen et de l’ouvrier créèrent une déstabilisation chez lui. Une nouvelle crise d’identitarisme refit surface.

Mais l’évolution des moeurs était en marche ! Les années 1970 et 1980 furent capitales pour la reconnaissance des femmes au titre d’être humain à part entière. Leurs avis étaient enfin écoutés et suivis... d’où l’appellation de féminisation de nos sociétés faite par certains sociologues.

Ce n’est que vers la seconde moitié des années 90 que les problèmes relationnels hommes/femmes recommencèrent à tarauder les hommes. Les naissances des enfants d’émigrés sur le territoire allant grandissantes, leur opinion allait avoir du poids. Ces hommes là étaient élevés avec une autre culture, souvent lié à leur religion. Ce qui créa des conflits au sein de leurs communautés. En effet, les femmes et les filles d’émigrés trouvaient à leurs goûts le mode de vie des femmes occidentales. Mais cette façon de vivre allait à l’encontre des principes ancestraux de ces communautés. Dans les écoles, la mixité mit à jour les comportements agressifs des jeunes garçons à l’égard des jeunes filles.

De ces conflits scolaires entre les sexes est née la nouvelle crise d’identité masculine. Aujourd’hui certains hommes occidentaux se veulent virils et veulent voir réattribuer un rôle bien précis à chacun des deux sexes. Mélangeant volontiers tâches, comportements et apparence vestimentaire et physique.
Souvent soutenu malheureusement par des jeunes femmes irréfléchies !

La virilité serait un ensemble d’apparence physique, de comportement moral et de mode vestimentaire. « Sois un homme ! » Serait le but à atteindre.

Mais c’est quoi au juste être un homme ?

Avoir des muscles, avoir les cheveux courts, adopter un regard féroce ou de glace, balancé des claques à tous ceux qui ne pensent autrement ?

La jeune génération masculine intellectuelle appuie ses convictions sur tout ce qu’elle trouve et qui abonde dans son sens. On chante les louanges des nouveaux pédiatres, homme évidemment ! Françoise Dolto (une femme) au placard !

Il est bien connu que chez les poissons se sont les mâles qui élèvent les petits ! Mais néanmoins chez les ours se sont les femelles qui le font et pendant les deux années qui suivent la naissance des oursons, monsieur ours est interdit de séjour... Par contre chez beaucoup d’oiseaux et chez les pingouins les tâches sont partagées.. On va chacun son tour chercher la nourriture et on nourrit à tour de rôle les petits...

L’homme viril du troisième millénaire serait donc un poisson !

Les modes de vie changent, la société évolue, il faut tout simplement s’y adapter. Que les hommes se rassurent, ils ont toujours existé et existeront toujours, alors pas de panique !
Avant que des hommes ne créent un dieu unique, les civilisations avaient pour chef suprême une DIEU et des dieux qui lui étaient subalternes. C’était il y a plus 6000 ans... Les hommes n’ont pas pour autant disparu ! En temps de paix il naît 3 garçons pour 2 filles, on voit bien que nos hommes ne sont pas en voie de disparition ! Et si pendant longtemps il a été dit qu’il y avait 2 femmes pour 1 homme, c’est que dans ces temps là, il y avait beaucoup de guerres. L’homme devait donc servir de chaire à canon d’abord et avant tout. D’où le fait d’avoir été obligé de créer une image de virilité liée au courage, au patriotisme, à la négation de ses sentiments et de ses peurs. La guerre et les combats sont les premières manifestations et représentations du caractère viril...
Soyez donc chevaleresques !

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