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Les mouvements sociaux spontanés

dimanche 9 janvier 2005, par Mireille-Caroline

Détestés des gouvernements, redoutés des partis politiques, agonis par les organisations syndicales, ces mouvements sont la bête noire des sociétés organisées en castes associatives, syndicalistes, politiques, religieuses, et aujourd’hui communautaristes. Depuis des siècles, les mouvements spontanés ont remis les pendules à l’heure des organisations ! Mai 68 est une des illustrations les plus spectaculaires des réactions populaires. Pourquoi tout d’un coup comme venu de nul part, une vague gigantesque de protestations non encadrée surgit-elle ? L’effet ras le bol est toujours à l’origine de ce type de révolution !

Mai 68 les causes


- Mauvaise période sur le plan socio-économique, alors que la croissance extérieure est bonne.
- Consommation freinée pour relancer les exportations, pour équilibrer les comptes de la Sécurité Sociale et des entreprises publiques
- Encouragement de l’épargne
- Poussée du chômage
- Circuits de décision très centralisés
- malaise dans les universités
- Insatisfactions sociales liées aux creusements des écarts.

Tout démarre, le 3 mai, avec une grève étudiante et une manifestation de rue où des heurts violents avec les policiers se produisent. Suite à cela un appel à la grève générale est lancé parmi les étudiants
Dans la nuit du 10 au 11 mai de nouveaux affrontements violents ont lieu au Quartier Latin.
Le 13 mai est une journée de grève générale lancée par les syndicats ouvriers et la FEN. Elle doit durer 24 heures..
Mais un mouvement social spontané parti de Sud-Aviation va faire boule neige. Et c’est toute la France qui se retrouve paralysée.

Le ras le bol

Si on regarde les éléments qui ont conduit à Mai 68, on se rend compte que le peuple plutôt tolérant peu tout d’un coup en avoir assez ! 68 n’était pas une année prospère, le chômage augmentait alors que les heures supplémentaires étaient obligatoires, le fossé des inégalités se creusait.
Un allié de poids va entrer dans la danse en 68. Les français lisent les journaux, écoutent la radio et près de 60% des ménages sont équipés d’un poste de télévision.
Les retransmissions visuelles des manifestations, les affrontements entre policiers et manifestants sont autant de vecteurs propulseurs pour un soulèvement de masse. Les parisiens se souviennent de la sauvagerie qui se déroula au métro Charonne le 8 février 1962. Les journaux et radios n’avaient pas hésité à dire bien haut que les policiers avaient frappé sans distinction les petits vieux, les travailleurs qui rentraient chez eux et les manifestants.

L’erreur du gouvernement de cette époque avait été de ne pas savoir lâcher la bride. Les élections de décembre 1965 : de Gaulle n’obtient que 44,65% des suffrages au premier tour. Lors de ce premier tour on enregistre seulement que 15% d’abstentionnistes. Ce qui surprend les classes politiques qui croyaient les français dépolitisés. De Gaulle sortira vainqueur au second tour mais affaiblit dans sa majorité.
5 et 12 mars 1967 Les élections législatives :
Le gouvernement gaulliste reçoit son second avertissement. Auquel il fera la sourde oreille. Le PC obtient 22,5% des suffrages exprimés et la majorité 38,50%.

Le Général constitue alors son quatrième gouvernement. Il va se montrer tranchant en diplomatie condamnant Israël, criant « vive le Québec libre » jusqu’au : « Les français sont des veaux »
D’ors et déjà tous les éléments convergent vers une révolte sociale. Bien que la France ait des congés payés plus longs que les autres pays, les français travaillent plus d’heures que chez leurs voisins : 1957 heures/an contre 1767 heures pour les allemands. Les heures supplémentaires sont obligatoires, et c’est à ce prix que la croissance de la France se paie.
Les années 50/60 ont vu la naissance de la politique de productivité. Les paysans s’endettent pour s’équiper, mais ont du mal à écouler la surproduction. Pour calmer un peu le jeu et désengorger, il se crée des grands centres de distributions (type Leclerc) De 47 grandes surfaces en 1960, on passe à 224 en 1962. Le supermarché est dépassé par l’hyper marché en 1963. En 1966, il y a en France 566 magasins de grande distribution. C’est l’agonie et la disparition du petit commerce.
Ceux qui parviennent à se maintenir sont mis en colère par l’application de la TVA au commerce détail et le coût élevé de leur assurance maladie.

Parmi ceux qui ont connu la période et la révolte sociale de 1968, ils s’en trouvent beaucoup pour dire qu’actuellement, il y a dans l’air un parfum de ras le bol identique à celui qui a précédé l’explosion de mai 68. Qu’est-ce qui déclenchera l’explosion du mécontentement actuel, nul ne peut le dire ?
Quand un gouvernement ne tient pas compte des signaux envoyés par son peuple, qu’il continue contre vents et marrées à poursuivre une politique sociale du pire, qu’il persiste à édifier des lois ne profitant qu’à un petit nombre de privilégiés, le terrain est propice aux mouvements spontanés.

La différence entre les années1968 et aujourd’hui c’est le nombre de militants politiques et syndicaux. Le militantisme était encore très élevé en 68, ce qui a permis au gouvernement de trouver des interlocuteurs sociaux. Aujourd’hui on recense à peine plus 8% de syndiqués et sans doute guère plus de vrais militants politiques. Ce qui laisse présager plus une guerre civile qu’une révolution de société.

La France de 1789 avait fait des émules en Europe, mai 68 à eu des répercutions à l’étranger. Et 2005 risquera d’être un conflit mondialisé. Car souvent quand les français se mettent en colère, ils entraînent derrière eux et encouragent d’autres peuples.
Sauf, bien sur si le gouvernement prend la mesure du mécontentement général et assouplit sa politique ! A mécontenter tout le monde on finit par faire l’unité...

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