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Modernisation sociale

Journaliste en quatre semaines !

mercredi 27 juillet 2005, par Mireille-Caroline

Dans le cadre de la modernisation des métiers et en particulier pour la presse, l’Etat vient d’accorder cette année 38 millions d’euros pour la modernisation sociale au sein des quotidiens. Le ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabre s’est exprimé, le 5 juillet dernier, pour sa première intervention au Palais d’Iéna, sur les dispositions prévues, après la présentation du rapport : « Garantir le pluralisme et l’indépendance de la presse quotidienne pour assurer son avenir »

Il a dans un premier temps tenu à rendre hommage au travail de Monsieur le Rapporteur. Sensible aux principes fondateurs et aux valeurs fondamentales de la République et de la démocratie évoqués dans le rapport, le ministre en profite pour souligner, qu’il s’agit de respect, de la défense du pluralisme, de la transparence et de la solidarité.

Il ajoute : « Au-delà de ce rappel historique, le panorama que vous dressez dans votre rapport, Monsieur le Rapporteur, est complet, le diagnostique que vous avez établi est pénétrant, et les propositions que vous formulez dans votre projet d’avis sont à la fois audacieuses et réalistes. […] par exemple de la formation des journalistes - mais aussi de la déontologie, de la concentration des entreprises, du lectorat des jeunes ou encore des problèmes spécifiques à la distribution. [...] préoccupations très actuelles et très concrètes, sur lesquelles je vais revenir dans un instant…. »

Il a cité à deux reprises l’article XI de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme »

Pour lui la presse écrite connaît actuellement de profondes mutations et doit faire face à de nouveaux enjeux. Le consommateur a changé son mode de vie et ses habitudes ! Sans oublier « la culture de la gratuité » qui serait entrée dans nos moeurs récemment et se développerait, à en croire notre ministre ! Ce qui devrait convaincre les professionnels de la presse qu’il faut se régénérer pour se préserver.

Soulignant aussi : « Pratiquement aucune semaine ne passe sans qu’une recapitalisation, un rachat, une prise de participation ou une fusions ne soient conclus ou annoncés. Accompagner ces mouvements et en empêcher les dérives, sans en bloquer les effets bénéfiques, tel est le devoir de l’Etat… »

L’Etat s’est mobilisé pour soutenir la presse en lui accordant des aides sans précédant pour 2005. Près de 280 millions d’Euros, soit 30% de plus que l’an passé, pour l’aide générale à ce secteur d’activité. Cette somme sera répartie sur divers niveaux (aide à la formation, compensation de la hausse des tarifs postaux depuis la privatisation de la poste, etc.)

Les objectifs du gouvernement face à cette aide : encourager la modernisation du secteur (fabrication de la presse, condition de distribution)

Par ailleurs, 38 millions seront alloués à eux seuls à la « modernisation sociale » le mot est lâché, et que cache t-il ? Une redéfinition du métier et une rénovation des relations du travail…Nous sommes dans le flou artistique, mais une information de l’AFP mercredi 27 juillet nous apportait un exemple concret :

« Un comité d’entreprise extraordinaire du Figaro (Socpresse) a été consacré lundi à l’intégration d’ouvriers du Livre comme "éditeurs-réalisateurs-secrétaires de rédaction", a-t-on appris auprès de la direction. AFP"

Cette intégration ne fait pas l’unanimité au sein du CE du Figaro. Le syndicat Fo n’hésite pas à souligner : « la direction estime que l’on peut devenir journaliste à part entière au Figaro, journal de référence, à l’issue de 4 semaines de formation »

Le quotidien phare du groupe Socpresse » de Monsieur Dassault n’a pas traîné pour mettre en action un plan afin de bénéficier d’une partie des 38 millions offert par l’Etat aux frais des contribuables.

Il ressort de tout cela, un grand bol d’optimisme pour les milliers d’internautes français qui écrivent régulièrement des articles sur Internet. Si quatre semaines sont suffisantes pour devenir journaliste, les coûts des formations vont certainement baisser, la limite d’âge ne sera plus un obstacle, reste à trouver des employeurs qui accepteront des pigistes !

A l’heure actuelle, tout journaliste sortant d’une formation doit passer par la case pigiste pendant de nombreuses années. Ces premiers « modernisés sociaux » qui vont intégrer une rédaction de PQN (presse quotidienne nationale) entreront à la rédaction, en ouvriers du livre et seront formés aux frais du quotidien (de l’Etat) deviendront journalistes quatre semaines plus tard et ne connaîtront pas les fins de mois difficiles de tous journalistes fraîchement diplômés ! Réjouissons-nous pour eux !

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