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l’auteur un gogo aux yeux de certains

Auto édités vous êtes cernés par les con-voiteurs

dimanche 12 mars 2006, par Mireille-Caroline

Les auteurs auraient-ils le profil type de la vache à traire ? Le saviez-vous les français sont fadas d’écriture. Nous serions quelques 6 millions à avoir écrit une œuvre complète, recueil de poèmes, nouvelles, contes, romans, etc. Toujours est-il que face à cette passion très française, les éditeurs traditionnels sont littéralement bombardés de manuscrits et tapuscrits et ne répondent plus que rarement aux sollicitations des auteurs. C’est pourquoi en parallèle l’on trouve des gens qui tentent de vivre de ces rejetés de l’édition traditionnelle. Mais faut-il vraiment passer par des intermédiaires pour payez la note de l’imprimeur ?

Je parcourais le web à la recherche d’auteur autoédité pour les « Mots dits littéraires », j’imaginais trouver des auteurs imbus comme c’est malheureusement souvent le cas ! Mais au lieu de cela, ce sont des entreprises d’imprimeries, des associations, des coopératives qui n’ont pas froid aux yeux sur lesquelles je suis tombée !

Inutile de vous dire que je suis allée de surprise en surprise ! Tous vous parlent des maisons d’éditions classiques surbookées ! Tous vous expliquent que le numérique offre la possibilité à nombre d’écrivains de devenir un « jeune auteur » tout en vous proposant leur service pour le rédactionnel, le graphisme de votre couverture, et bien évidemment, ils ont tous un comité de lecture et un(e) conseiller(e) littéraire !

Admettons que les maisons d’éditions aient des copains à faire passer en priorité, admettons que les français passionnés d’écriture soient au nombre de 6 millions ayant déjà écrit un recueil de poèmes, un roman, une autobiographie, un manuel, etc., admettons tout ce que disent ces sites Internet, mais une question reste en suspens…. Pourquoi à partir du moment où une personne décide de se lancer dans l’édition de ses propres œuvres, faut-il la pousser à copier les pratiques des éditions traditionnelles ?

Pour ma part, je perçois ces conseils comme un réflexe à guider systématiquement les créatifs vers un tiroir à bords très cloisonnés d’une part et à vider leur porte monnaie d’autre part. Peut-être ai-je tort ! Mais, je ne parviens pas à admettre ces histoires de comités de lecture pour auteurs qui en final vont devoir payer la facture ! Le client ne serait-il plus le meilleur juge ?

Comment peut-on se sentir le propriétaire d’un livre si on laisse des personnes étrangères mettre leurs doigts, leurs façon de voir dans sa propre création ? Certes le but est de vendre au moins la moitié de son stock pour couvrir les frais engagés. Mais qui peut affirmer sans l’ombre d’un doute qu’un livre non remanié ne se vendra pas ?

D’autres vous tambourinent que le but d’un écrivain est d’être lu ! Certes, nous ne dirons pas le contraire. Mais qui peut affirmer que tous les livres achetés sont lus ?

La plupart du temps, on peu lire : « les auteurs qui s’auto-éditent, ne bénéficient pas d’un comité de lecture qui leur apporte le professionnalisme d’une critique objective, dont le but est de faire que les créateurs soient perçus sous leurs meilleurs angles. » [site Editauteur] ou « On examine ensuite son manuscrit. Si l’on perçoit une petite musique, un don d’écriture, à travers même un texte inabouti, on en discute. Si l’auteur n’a pas un ego boursouflé, on peut envisager une mise au point commune. Parfois, c’est tellement insuffisant qu’on explique à la personne qu’elle risque de perdre de l’argent pour rien et on l’oriente vers d’autres formules, si sa volonté d’être éditée perdure. » [site Krakoen] plus fort « Quant aux fautes de français, quand on m’envoie le livre déjà imprimé, elles sont définitivement une cause de refus. » [site Les Editions universelles]

Admettons qu’il y est « ego surdimensionné » mais de quel côté se place t-il ?
Celui de l’auteur créateur ou celui de l’entreprise d’imprimerie qui se rebaptise « maison d’édition ». Pourquoi dis-je imprimerie, parce que dans tous les cas de figures c’est l’auteur qui paie la facture… L’entreprise que fait-elle ? Elle vous vend ses conseils, soit officiellement, soit sous forme d’adhésion ! En général on vous pousse à éditer plus de 100 exemplaires !

Hors pour un premier livre, en autoédition, il n’est pas conseiller de dépasser les 100 exemplaires.

Que vous vendent-ils en plus ? La démarche pour l’obtention de l’ISBN. Qui s’obtient le plus facilement du monde, gratuitement et en 15 jours maximum auprès de l’AFNIL ! Le demande peut s’effectuer par courrier, par mail ou par faxe. Le graphisme pour votre couverture, la relecture en vue de retrouver toutes vos fautes (orthographe, typographique, etc.)

Après cela, croyez-vous que votre ouvrage sera exempt de fautes ? Hé bien non ! Il subsistera toujours des coquilles et la mention satisfait ou remboursé n’existe pas !
Les relectures sont à des prix prohibitifs. Nous savons tous qu’il faut manger pour vivre, mais là c’est de l’exploitation. Bien souvent un correcteur en édition ne perçoit pas des appointements de ministre. J’ai travaillé pour feu les Editions François de Villac, c’est au SMIG qu’ils étaient rémunérés. Et je peux vous promettre que c’est plus d’un livre par semaine qu’ils corrigeaient. C’est pourquoi, le mieux est de mettre en attente un moment votre manuscrit. Puis de le relire quand vous ne vous en souvenez plus. De demander autour de vous qu’on vous relise. Le plus gros des fautes sera ainsi éliminé avec autant de pourcentage d’erreur que si vous vous payez les services onéreux d’une correction « professionnelle ».

De même qui n’a pas dans ses connaissances une personnes qui manie « Photoshop » avec dextérité ? A vous d’expliquer comment vous imaginez votre couverture. Le tout étant qu’il faut qu’elle soit au bon format et en 300bpi.

Parmi les sites associatifs qui vous donnent des conseils pour l’auto édition, les Editions universelles se sont distinguées. Elles mettent l’accent sur les fautes et oublient d’ôter celles qui se trouvent sur leur site ! Ce site remarquable qui vous parle d’autoédition assistée où l’on vous refait une beauté : « corrections littéraires, orthographiques et typographiques, réécriture si nécessaire, mise en page, "prêt à imprimer"... » Mais qui tient à vous préciser qu’il ne s’agit nullement d’édition à compte d’auteur.
Où cela devient intéressant, c’est une lecture concentrée sur le pourquoi et le comment de leur raison d’exister : « Rares sont donc les débutants capables d’écrire, la première fois, un livre achevé ou accompli. Ce n’est pas une tare, juste un fait. » Les prix ne sont communiqués qu’après que vous ayez envoyé une trentaine de pages de votre livre.
L’incohérence n’est sûrement pas considéré comme une faute de goût en matière littéraire, fort heureusement, car © Evelyne Lapouge aurait dû s’auto censurer ! Dans sa présentation, elle n’hésite pas à écrire : « Tout ce qui s’est fait de grand, en ce monde, a été fait par des êtres qui se sont constamment battus contre les règles établies... les préjugés, les stéréotypes et le négativisme, peu importe les difficultés. »

Je ne saurais que trop conseiller aux personnes décidées à faire imprimer leur ouvrage de passer immédiatement par l’imprimerie. Le métier d’éditeur n’est apparu qu’au XIXème s. L’éditeur est un intermédiaire entre vous et la réalisation imprimée de votre création. Comme tous les intermédiaires s’il offre des avantages, il vous apporte beaucoup d’inconvénients.

L’éditeur classique ne vous règle vos droits d’auteurs qu’une fois l’an à raison d’un petit pourcentage sur les ventes. En effet, les droits d’auteurs n’excèdent que rarement les 20% des ventes réalisées, mais tournent le plus souvent entre 5 et 10%. Les autres types d’éditeurs vous verseront entre 50% et 15%, mais vous feront payer l’imprimeur et vous factureront le relooking de votre bébé. Tandis que d’autres vous laisseront percevoir la totalité du montant des ventes, moyennant un prélèvement pour la diffusion, mais il vous faudra quand même accepter de passer par le relookage. Faute de quoi, vous ne serez pas accepté et vous n’aurez pas l’insigne honneur de voir figurer sur votre livre le nom de cette formidable maison d’édition qui n’en ai pas une puisque c’est vous qui réglez tous les frais !

Conclusion faites preuves d’un EGO surdimensionné, car dans tous les cas de figure, vous ne serez pas satisfait. Au final, vous aurez le sentiment de vous être fait soutirer plus d’argent qu’il n’était nécessaire.

Sachez qu’un livre de 200 pages maxi, imprimé en 100 exemplaires revient à 499€ frais de livraison non compris. Même, si vous ne disposez pas de cette somme, un emprunt est faisable. Vous n’allez pas vous endetter sur 20 ans, cela ne représente que 3320 frs de notre ancienne monnaie. Pour ce prix vous aurez en prime des conseils de mise en page. Pensez petit en nombre, 100 exemplaires il faut déjà parvenir à les vendre… Néanmoins, si vous avez su calculer le prix de vente, en parvenant à vendre 50 livres vous rentrez dans vos frais. Les autres offrez-les, dites-vous que ce sont vos supports publicitaires.

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