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La recherche

Domaine emploi

vendredi 16 juin 2006, par Mireille-Caroline

L’actif privé d’emploi a plusieurs attitudes lors de son parcours. Elles varient tout au long de l’attente de décrocher un job. Plus le temps passe plus l’énergie décroît et l’espoir diminue. Les entreprises ont une démarche particulière. A défaut de ne pouvoir employer des salariés que pour le temps nécessaire à la réalisation de la tâche, elles recherchent des personnes au profil polyvalent frisant parfois l’anachronisme. Les conseillers en matière de recherche de d’emploi font leur possible. Malheureusement les conseils ne sont plus réellement adaptés car désuets.

Le demandeur d’emploi

Il vient de débarquer sur les listings de l’ANPE ! La perte de son emploi est récente. Il en veut. Il est sûr de ne pas rester longtemps sur la brèche… Puis les semaines passant son enthousiasme s’étiole. L’offre étant moins importante que la demande, il lui faut revoir ses méthodes.

Les conseillers de l’ANPE, de la presse et cyber presse spécialisée lui fournissent des éléments de piste. Le problème se situe autour du fait que ces conseils sont un peu dépassés, il y a dix ans déjà ils étaient donnés. De son côté lors de sa démobilisation professionnelle, le chercheur n’avait pas pensé à coucher par écrit sa stratégie. Comme il n’est plus dans l’effervescence et le stress de la perte d’emploi, la fougue du départ a décru doucement. La nonchalance (dans le meilleur des cas) et la déprime se sont installées à l’insu de son plein gré.

Au bout de six mois de recherches infructueuses, s’il désire toujours retrouver un emploi, les retours à ses lettres de motivations (quand il y en a) ne l’encouragent pas. Le contenu et les exigences des petites annonces le laisse de plus en plus perplexe. L’actualité du monde du travail le met en colère.
Bref ! Notre chômeur est démotivé !

Au bout d’un laps de temps, l’ANPE considérera qu’il ne sait certainement pas si prendre, voir qu’il profite des « gras émoluments » versés par les ASSEDIC. Elle le contraindra à intégrer un atelier de recherche d’emploi. Ce qui fera baisser davantage sa colonne confiance. Dans le meilleur des cas, il parviendra à décrocher un CDD ou un CNE et sera de retour quelques mois plus tard à la case départ.

Françoise professionnelle de la PAO s’est trouvée dans cette situation, après avoir eu l’obligation de participer à un atelier de ce type. Elle a dû rechercher un stage et est parvenue à décrocher un poste de vendeuse. A la fin de son CDD de deux mois, elle a appris qu’elle ne serait pas gardée. Le motif a été plus que dévalorisant : « Vous ne semblez pas vous intégrer à l’équipe ».

A qui la faute ? Vendeuse c’est un métier qui requiert un profil précis. Tout le monde n’est pas apte à en développer les habitudes du métier. Pour Françoise notamment, c’était le côté papotage entre collègues qui la gênait. Elle préférait faire son travail correctement et rester en retrait.

Les Réseaux

Actuellement tout le monde parle des réseaux comme s’il s’agissait de la dernière trouvaille. Hors, au 19ème siècle déjà le décrochage d’un job passait par les réseaux (salons).
Ce qui ne signifie pas que la méthode soit périmée, mais encore faut-il savoir s’organiser un réseau ou intégrer le bon !

Bertrand chômeur pendant plus d’un an nous explique : « Au début, j’avais un bon réseau de relations professionnelles. Puis au fil des mois, une partie de mes connaissances ont cessé de me fréquenter, alors que les autres m’apprenaient qu’ils étaient hors jeu, eux aussi ! » Il a fini par décrocher un emploi à plein temps (39h.) dans une TPE, mais pas réellement en rapport avec sa formation initiale. C’est grâce au fait qu’il était originaire de la même région que l’employeur qu’il a été recruté. Passé six mois, l’employeur ne l’a pas trouvé aussi génial que le jour de l’entretien. Néanmoins Bertrand n’a perdu son nouvel emploi que lors de la fermeture de l’entreprise, deux ans plus tard.

Il faut savoir que si des réseaux fonctionnent et permettent de ne pas rester trop longtemps privé d’emploi, il y a des raisons.

Les réseaux d’anciens de grandes écoles. Les chances d’aboutir sont de 9/10. Grâce au départ à la renommée de l’établissement scolaire. Ces écoles fournissent les hauts cadres.

Les réseaux corporatistes, souvent liés à un organismes syndical, 5/10 mais en raison de la baisse de la popularité des syndicats, ils sont de moins en moins source d’emplois.

Les réseaux sociaux, c’est-à-dire même milieu social. La société étant divisé en trois classes sociales. Les classes sociales élevées, moyennes, et précaires.

Dans les classes sociales élevées le réseau de relations fonctionne avec une note de 10/10
Dans les classes moyennes, il est de 5/10 à condition de pratiquer une activité loisir qui permet de rencontrer régulièrement beaucoup de monde.
Dans les milieux précaires et défavorisés la cotation est de l’ordre de 2/10. Les moins qualifiés et souvent les moins argentés entretiennent rarement des relations de réseau. Au mieux des relations de voisinage.

Il reste pour tous, les clubs de chercheurs d’emplois, très actifs en province, ils dépendent souvent d’un service annexe de l’ANPE et sont soutenus par des cabinets de consultants. Si au départ le but était de regrouper des personnes de tous horizons professionnels afin de créer une dynamique collective, depuis leur création ils se sont malheureusement corporalisés. Pourquoi malheureusement ? Parce qu’exercer la même profession va les mettre en compétition et de ce fait l’échange et la dynamique du groupe sera moins productive. De plus le contact avec des personnes peu scrupuleuses est assuré.

Un exemple, Karine B. pigiste : « Je me rendais régulièrement aux réunions de mon groupe de pigistes. Un jour j’explique que je venais de décrocher des piges régulières avec un mag. et ce sans avoir fait de démarches particulières. De ce moment là, j’ai été courtisée par beaucoup de mes confrères. Deux d’entre elles sont mêmes passées au-dessus de moi pour contacter ma rédac, et S. a même eu le toupet de leur téléphoner de ma part ! Du jour où le magazine a cessé d’exister, je n’ai plus eu de nouvelles de mes anciens confrères. C’est là que l’on compte ses amis. »

Dans un prochain article, nous vous décrirons les entreprises et les secteurs qui recrutent ainsi que la façon dont ils prospectent, rédigent leurs annonces, leurs besoins et leurs méthodes de recrutement. Egalement les institutions, les sites Internet et les livres donnant des conseils pour la recherche active d’un emploi.

Vous découvrirez peut-être pourquoi entre les conseils en recherche et les besoins réels des entreprises, il existe un fossé qui s’appelle réactualisation des méthodes, écoute des besoins et bonne volonté de la part de tous les acteurs du marché du travail. En attendant, les chercheurs d’emploi lambda devront faire contre mauvaise fortune bon cœur et prendre leur mal en patience. L’idéal est d’intégrer un club de recherche d’emploi autonome.
Dans cet optique il faudrait que les chômeurs se rencontrent et se prennent en charge. Mais la question du local de travail restera le principal écueil. Ni l’ANPE, ni les ASSEDIC ne mettront à disposition une salle équipée en téléphone et autres outils, pour des particuliers. Sauf à se servir de la salle de l’antenne locale, il restera aux chômeurs la possibilité de se regrouper dans un bar.

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