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Sens de la vie

Athéisme et sens moral

dimanche 29 juin 2003, par Mireille-Caroline

Le 11 février 2002, un copain constatait amère : « Ca y est, tu es contente, tu as tué Dieu ! » Ayant été plongée dans la religion catholique presque à ma naissance (baptême) j’aurais dû éprouver à ce moment précis, et je le devrais encore, des remords. Mais comment peut-on tuer une entité qui n’a jamais existé que par le fait de l’homme ? N’ayant pas le sentiment d’avoir assassiné l’univers, ni le cosmos, je continue à dormir tranquille la tête au milieu de mon oreiller. Devenue athée sans le vouloir, je ne m’en porte pas plus mal. J’ai même amélioré ma conduite en ce bas monde, comme tous les vrais athées.

Au moyen âge l’on m’aurait dressé un bûcher et telle Jeanne la pucelle, on m’y aurait fait rôtir. Nous ne vivons plus à cette époque obscurantiste par excellence où tout ce qui gênait, était invariablement détruit pas le feu ! Symbolisant ainsi les flammes de l’enfer.

Encore que pour croire à l’enfer, il faudrait croire au paradis. Les ecclésiastiques de cette époque le savaient bien que le royaume du diable n’existait pas. Alors, ils le créaient. Le spectacle d’un corps se tordant de douleur dans le feu était assez traumatisant, pour faire peur à la masse populaire en lui donnant une vision de ce qui les attendait après la vie terrestre. Façon expéditive de renforcer la foi en Dieu.

Les athées et la bonne conduite.

Dans les religions monothéistes, ils ont inventé un truc génial. Le pardon en rémission des péchés avoués et regrettés. Les plus prévoyants restent les catholiques. Ils peuvent chaque samedi se confesser, faire pénitence (prières récitées) et ressortir de l’église aussi purs qu’à la naissance. Ils ont été absouts.

Les athées eux n’ont pas cette porte de sortie. L’au-delà reste un mythe, ce qui les entraîne à avoir une conduite proche de l’exemplaire chaque jour. Ils vivent dans cette vie-ci et ils répondent de leurs actes ici et maintenant. Pas de jugement divin, pas de possibilité de se rattraper dans une vie future. Pas d’optique paradis à l’horizon. Pas de derniers sacrements, envoyés ad padres pour le bonheur des asticots.

L’athée est responsable de ses actes et il le sait. C’est pourquoi, il réfléchit souvent longuement avant d’entreprendre une action. Il pèse le pour et contre de chaque chose.

Parfaitement instruit des dommages que créé le modernisme sur l’environnement, l’athée essaie au maximum de ne pas déséquilibrer la nature.
Sauf, l’athée qui possède une voiture. C’est une plaisanterie !

En réalité l’athée l’est parce qu’il s’est interrogé sur pourquoi il est sur Terre. Il a ouvert des livres et arrivé à la conclusion que les scientifiques spécialistes de l’espace qui étudient le ciel et l’univers ont quasiment tout expliqué sur la manière dont se forme une étoile et pourquoi elle devient planète. Pourquoi la Terre est habitable et pas Mars. Il sait donc avec certitude que le microcosme et le macrocosme jouent un rôle important dans le fait qu’il respire, pense et parvient à se tenir debout. Que perturber ce fragile équilibre relève d’un comportement irrationnel, irresponsable, que toutes les séances dans un confessionnal, tous les jeûnes et tous les jours de pénitence d’une vie ne redresseront pas.

N’ayant pas d’espoir de réincarnation, on pourrait se dire que c’est démoralisant d’être athée ? Pas fatalement, il suffit de tâcher de remplir sa vie au mieux et d’éviter de faire des misères à ses congénères. On n’arrache pas une branche d’arbre parce que notre main la tient, si l’on en a pas l’utilité. On n’ôte pas la vie à un humain pour un à priori, on ne chasse, ni ne pêche pour le plaisir, si notre poissonnier ou notre boucher à ce qu’il faut en magasin et surtout si nous avons de quoi nous nourrir. On fait attention à la manière dont on utilise l’eau et l’électricité.

On ne s’envoie pas en l’air pour le plaisir d’ajouter une conquête ou parce que l’on joue à se séduire. On le fait par besoin et avec une personne qui plaît moralement, physiologiquement c’est équilibrant. On le fait par tendresse, parce que l’autre nous est si agréable que l’on a envie d’être étroitement lié à lui.

Quand l’athée fait des enfants, il se pose la question : « Quel sera l’avenir pour eux ? » Il ne fait pas plus d’enfants qu’il n’en a les moyens financiers et pratiques. Un enfant requiert une somme de temps considérable et dans notre système économique une somme d’argent non négligeable.

J’arrête là ! Après cela, il faut espérer que les croyants pratiquants ou non, auront compris qu’être athée n’est pas être dénué de sens moral, bien au contraire. L’athée, être responsable n’a quasiment pas besoin de lois pour savoir la conduite à tenir. Son sens des responsabilités le guide bien mieux que tous textes religieux ou législatifs. L’athée est libre penseur. Même si d’autres ont ou ont eu de bonnes idées, il le reconnaît sans pour autant tomber dans l’endoctrinement, ni l’obsessionnel.

Pour finir et faire plaisir aux croyants, il y a de bonnes choses dans les religions, dommage qu’elles soient si mal interprétées par leurs défenseurs. Surtout si mal appliquées. Les religions ne sont jamais parvenues à effacer des êtres humains leurs défauts. Entre autre l’orgueil pierre angulaire du besoin de se faire valoir par rapport à ... et artisan du merdier ambiant que subit notre planète. L’orgueil arme le bras de l’assassin, celui de l’âpre au gain, celui l’envieux, celui du pervers, du tricheur, celui du voleur, celui du looser, celui du dictateur, celui du fanatique, etc.

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