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Les Majors font des émules

Google fait la mule

jeudi 26 janvier 2006, par Mireille-Caroline

Les gros √©diteurs : ¬« c’est la faute d’Internet ¬ »

Google ce moteur de recherche aux solutions toujours pr√™tes, vient de contrarier de gros √©diteurs comme ¬« Hachette, Flammarion, etc. ¬ » Qu’a fait cet outil du Net ? Il a une biblioth√®que francophone‚€¶ Le saviez-vous ?

Pour aller √ la p√™che aux infos, il suffit de taper ¬« biblioth√®que francophone google ¬ » dans Google.
Vous arrivez sur un page qui vous propose ¬« fran√ßais - anglais ¬ ». Et vous constater que la plupart des biblioth√®ques r√©f√©renc√©es sont au Canada (Qu√©bec) ou en Suisse‚€¶

C’est un scandale ! Rendez-vous compte, il y a jusqu’√ deux livres, du catalogue d’un m√™me √©diteur repr√©sent√©s, couverture comprise et avec en plus une √ deux pages des Ň“uvres prot√©g√©es par le droit d’auteur ! Et l’article du ¬« Point.fr ¬ » de citer le repr√©sentant de chez Fayard qui annonce comme auteurs deux d√©c√©d√©s : Robert Brasillach et Pierre Corneille‚€¶

Que Robert Brasillach ait encore des ayant droits (cousins, petits neveux) c’est possible il n’a √©t√© fusill√© qu’en 1945 pour fait de collaboration.

Pour ce qui est de Pierre Corneille, ce n’est pas impossible, mais il faut savoir qu’il est n√© le 6 juin 1606 √ Rouen et s’est √©teint √ Paris le 1er octobre 1684‚€¶ Corneille est dans toutes les bonnes biblioth√®ques. Il y a quelques ann√©es on nous l’enseignait dans les √©coles avec ces contemporains. Nous avions un jeu de mot d’ailleurs : ¬« Corneille Boileau de La Fontaine ¬ »

Au cours de ces dix derni√®res ann√©es Pierre Corneille a √©t√© √©dit√© chez le ¬« PUF ¬ » nombre d’auteurs ont √©crit sur lui !
Mais il est clair que Google aurait √©t√© mieux inspir√© d’offrir aux rares internautes qui s’int√©ressent √ la litt√©rature classique des textes provenant des √©ditions originales propos√©es sur le Net. Tel que Cinna (√©dition de 1682) - Le Cid 1682 et L’Illusion comique de 1636.

C’est de comique dont il est question. Les √©diteurs bien avant l’√©v√®nement du Net ne faisaient plus de b√©n√©fices, aujourd’hui cela n’a fait qu’empirer. Ce sont des tonnes de livres qui partent au pilonnage chaque ann√©e‚€¶ Des milliers de manuscrits qui sont retourn√©s √ leurs auteurs ou passent √ la poubelle parce que les maisons d’√©ditions ne veulent pas prendre de risques financiers en les √©ditant. Aussi le r√©flexe c’est la faute d’Internet est tentant, pour le cas Google fait un excellent bouc √©missaire.

IL faut arr√™ter ! En France le patronat et les entreprises n’ont plus qu’un seul credo : les brasseries ne font plus recettes c’est la faute √ Internet, les maisons de disques perdent de l’argent c’est la faute √ Internet, les maisons d’√©ditions √©ditent √ perte c’est la faute √ Internet. La t√©l√©vision perd des t√©l√©spectateurs c’est la faute d’Internet. C’est surtout la faute au fait que les fran√ßais n’ont plus de sous et que la t√©l√©vision commence √ en lasser beaucoup !

Seulement leur argument ne tient pas la route, en septembre 2OO5 il n’y avait qu’un peu plus de 11 millions d’abonn√©s √ Internet et ce ne sont que 26 millions environ de fran√ßais (de 11 ans et plus) qui ont consult√© sur Internet. Hors lors du dernier recensement nous √©tions 62,9 millions en France.

Il y a des chiffres que semblent ignorer ces professionnels ! Qu’ils soient dans le bisness musique, √©dition ou restauration (au sens large) C’est donc bien de comique dont il s’agit‚€¶

Autre fait comique, ces maisons d’√©ditions qui sont outr√©es, scandilis√©es, ne disent pas aux m√©dia √ combien se monte le nombre de ¬« service de presse ¬ » (SP) envoy√©s chaque mois √ des journalistes dans l’espoir que ceux-ci leur fasse une petite note dans un journal, une petite chronique sur une antenne de radio ou dans une √©mission t√©l√©vis√©e ?

Savez-vous ce que devienne ces SP ? Les journalistes les survolent en font un papier ou non, puis les mettent dans un sac et vont les revendre‚€¶ C’est d’un comique !

Alors lire qu’os√© mettre sur le Net une page ou deux de Pierre Corneille dont l’Ň“uvre est prot√©g√©e par les droits d’auteurs, c’est comique‚€¶.

Le monde de l’√©dition va mal, c’est vrai, mais la faute en revient aux maisons d’√©ditions elles m√™mes qui d’un c√īt√© soutiennent des id√©es financi√®res all√©chantes pour elles, mais mettant en difficult√©s le monde des travailleurs et de l’autre refusent de se plier √ leurs propres lois. Les pauvres cr√©√©s de toutes pi√®ces par le monde du patronat ont envi de lire, mais le moins cher possible !

Domaine public : Que dit la loi ?

¬« Dur√©e de protection des Ň“uvres

Le d√©cret du 9 janvier 1968 sur les droits d’auteurs d’Ň“uvres litt√©raires, scientifiques et artistiques, pour faire suite √ l’article 23, dispose en son article 24 : " A la mort d’un auteur, les m√™mes pr√©rogatives passent √ ses h√©ritiers qui en b√©n√©ficient, comme titulaires de ses droits patrimoniaux pendant vingt-cinq ans, √ compter de son d√©c√®s, dans l’ordre et selon les r√®gles d√©termin√©es au Code Civil pour les successions. Apr√®s quoi les ouvrages prot√©g√©s tombent dans le domaine public".

Donc Pierre Corneille m√™me avec des h√©ritiers fait parti du domaine public, ou cela devient vicieux, c’est que toute son Ň“uvre est tomb√©e dans le domaine public, et √ partir de l√ une maison d’√©dition peut parfaitement r√©√©diter un de ses manuscrits et y apposer le nom de son entreprise‚€¶ Ce n’est plus du vol du propri√©t√© intellectuelle √ proprement mais de l’utilisation d’une marque dont il s’agit !

Les √©diteurs en col√®re se sont r√©unis et entendent adopter une riposte, la plainte ne semble pas exclue‚€¶. Quand les Majors comblent leurs d√©ficits par les amendes inflig√©es aux pirates du son, ils font des √©mules‚€¶. Pourquoi les grosses maisons d’√©ditions ne tenteraient-elle pas d’avoir une part du g√Ęteau ?

Tout ceci est fort r√©jouissant pour l’auto √©dition. L’Association fran√ßaise des ¬« Auteurs ind√©pendants ¬ » √ besoin d’un portail, Google est d√©sireux et c’est tout √ son honneur de faire revivre la litt√©rature, proposons lui nos Ň“uvres‚€¶ Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse‚€¶
Pour le reste nous rappelons √ tous que la consultation de livres est gratuite dans les biblioth√®ques municipales. Pierre Corneille chez Fayard, comme chez les autres.

Sur ce, je m’en vais contacter Google pour lui proposer des extraits des Contes de La M√®re Teuil, moi √ßa ne me g√®ne pas que mon Ň“uvre fasse le tour de la plan√®te et se fasse conna√ģtre par Internet ! Quoique bon nombre ont d√©j√ eu l’occasion de lire mes contes. Ils ont √©t√© √©crits pour le Net et ensuite, devant leur popularit√©, regroup√©s en recueil et imprim√©s.

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