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Ah ! Ca ira, ça ira !

De la masse silencieuse aux mouvements spontanés

samedi 22 mai 2004, par Mireille-Caroline

Véritables casse-tête chinois pour les organisations politiques, syndicales et associatives, la masse ne bouge plus sur commande ou pas quand on le voudrait, ni comme on le voudrait. Qu’est-ce qui fait que celle qui passe pour un troupeau de moutons, pour une masse molle n’attendant que des ordres à exécuter, fait obstacle aux tentatives des unités engagées dans un combat ou dans une idéologie ? Pourquoi n’écoute t-elle plus le champ des sirènes ? C’est au travers de la lecture d’articles dans les magazines de sciences humaines, nous avons tenté de comprendre. La lecture a t-elle été comprise ?

Plusieurs théories s’affrontent.

D’éminents personnages (qui s’autorisent à penser, merci Coluche) se sont penchés sur l’étude des mouvements sociaux. Comme toujours, certains ont élaboré une théorie preuve à l’appui que d’autres ont dénoncés preuves à l’appui également.
Théorie de la privation :

1°) Tout va mal, on s’en contente et on s’arrange pour ne pas trop en souffrir.

a) Survient un léger mieux. Tout le monde hisse le drapeau de la révolution. Les gens s’étaient fait une représentation de ce que ce serait aux beaux jours. Hors, il ne vient qu’un léger mieux, la déception est grande, la frustration à pris la place des rêves d’avenir meilleur. C’est l’explosion des mouvements collectifs.(James C. Davies)

b) Une petite amélioration se fait sentir et donne ainsi un peu d’air à la collectivité. Les individus sont mécontents, mais restent atones !

Théorie de la privation collective

2°) Individuellement la personne est mécontente, mais elle ne bouge pas, son groupe n’est pas dans son cas.. Elle peut aussi être satisfaite de son sort et entrer en contestation, quand le groupe auquel elle s’identifie subit à son sens une injustice, elle se mobilise.(privation relative. C’est au travers de l’appartenance commune à un groupe que se précise la transformation de l’individuel en collectif. Serge Guimond)

a) Le mécontentement personnel et le mécontentement politique. L’individu cherchera des solutions pour sortir de la situation désagréable à titre personnel. Le mécontentement politique touche à la qualité de vie du cadre social, Ainsi une personne ne manque de rien, mais trouve injustes certaines dispositions législatives, le sentiment d’injustice est un facteur de contestation très fort.

C’est dans ce contexte que le communautarisme puise ses racines. L’identification sociale d’un individu peut le pousser à la contestation, non pas sur le plan personnel, mais en tant que membre du groupe. Dans un groupe l’individu n’est plus Lui, mais un membre d’une communauté à proprement parlé. Dans cette conjoncture, on comprend pourquoi le communautarisme prend le pas sur les organisations syndicales et politiques. L’esprit clanique reprend le dessus sur l’esprit humaniste et mondialiste.

Identitarisme

Il est question d’identité à tous les échelons de nos sociétés. Par exemple et pour éviter tous dérapages politiques, les professeurs font grève suite à des attaquent d’enseignants, car aux travers des violences, c’est leur identité de professeur et de la profession qui est contestée. La survie des communautés ou corporations dépend de l’identification que s’en fait chacun de ses membres. Plus le nombre d’individus s’identifient à un groupe, plus cette communauté va avoir de poids dans le paysage politique. D’où l’importance du prosélytisme. Un individu peut appartenir à une communauté, et aussi adhérer, voir militer dans un parti politique.

La question pour les années à venir est : En cas de conflits d’intérêts entre le parti politiques et les objectifs de la communauté, à qui l’individu donnera son soutient ?
Dans une Europe commerciale qui s’élargit, dans une politique socio-économique de mondialisation, l’individu identitaire, rejette actuellement tout désir de tendre vers ces buts. Il opère un repli sur sa communauté et brandit l’étendard de la révolte. Les communautés se multiplient, au train où vont les choses, nous aurons bientôt un monde commercial ouvert largement sur le monde, et un monde communautaire et identitaire totalement replié son groupe d’appartenance. Les différentes communautés se faisant des guerres larvées ou ouvertes, la pacification des esprits risque d’être difficile.

Demeure un point n’ont élucidé, où se situeront ceux qui s’identifient seulement à leur époque ? La victimisation ne fait plus recette, le sentiment d’injustice n’est plus partagé qu’au sein d’une communauté d’idées, de moeurs, de religion, de croyance, de coutume, de profession. Pour mobiliser les individus autour d’un thème central comme « Touche pas à mon pote » ou autre, cela devient difficile. Malgré les appels par le biais des médias, rien n’y fait ! Mais la position d’un candidat FN au deuxième tour des élections présidentiel fait lever les boucliers anti FN ! Toutes les communautés sauf une, celle des identitaires nationalistes, étaient dans la rue. Les mouvements contestataires ou protestataires ne se font plus pour défendre une injustice ou alors par groupes isolés, mais contre un ennemi commun.

Il ne reste plus qu’à souhaiter à toutes les communautés qui existent et à venir, de ne pas devenir l’ennemis N°1. La société pourra tenter de s’accommoder d’une sécurité sociale à taux réduits, d’une retraite aléatoire, mais acceptera t-elle de se taire au profit d’une communauté qui voudrait prendre plus d’importance qu’une autre ?

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