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Mirabelle

Les nouveaux contes de la Mère Teuil

dimanche 20 février 2005, par Mireille-Caroline

Il √©tait une fois un couple qui vivait calmement. Leur existence √©tait si tranquille que l’on aurait pu dire qu’ils v√©g√©taient. Monsieur Poire partait chaque matin au travail et revenait chaque soir √ la m√™me heure. Pendant ce temps madame Poire faisait un brin de toilette, de m√©nage et la cuisine. Puis elle passait le reste de sa journ√©e √ la fen√™tre √ observer ce qui se passait chez sa voisine.

Un jour, o√Ļ elle √©tait en admirations devant le verger d’√ c√īt√©, elle aper√ßut des mirabelles, bien grasses, bien rouges. Comme elle attendait un b√©b√©, elle en eut envie.

Quand son mari rentra le soir, elle refusa de d√ģner. Inquiet, il lui demanda par quel caprice elle se permettait de troubler son repos ? Madame Poire lui parla des mirabelles de la voisine. Le Poire √©tait ennuy√©, l’ent√™tement de son √©pouse l’emp√™chait de go√ »ter au calme serein auquel il avait droit !

Calculant que la chose risquait de durer, il sortit et entra dans le verger. Hors ce verger appartenait √ une sorci√®re, Poire n’√©tait pas sp√©cialement courageux, aussi il arracha tr√®s vite quelques fruits et les donna √ sa femme. Celle-ci n’ayant rien mang√© de la journ√©e, les avala tout rond avec les noyaux.

Mais son app√©tit de mirabelle ne s’√©teignit point ! Et le lendemain Monsieur Poire retourna au verger.
¬« Ah ! Je t’y prends canaille ! C’est toi qui m’arrache les branches et fait souffrir mes arbres ? ¬ » La sorci√®re venait de lui tomber sur le paletot

Le Poire se mit √ genoux demanda pardon aussi humblement qu’il √©tait possible d’√™tre humble et m√™me plus. Il expliqua les probl√®mes de sa femme enceinte.
La sorci√®re qui comme toutes les sorci√®res √©tait une brave femme autorisa ce pleutre √ prendre autant de fruits que madame Poire en demanderait, mais √ une condition :

¬« Ta femme et toi semblaient √™tre de pi√®tres individus, vous vous contentez de ce que vous avez sans chercher √ am√©liorer votre vie. Ta femme ne travaille pas et toi tu es r√©gl√© comme une horloge. Tu fais tout √ heure fixe parce que tu crois que le bonheur ne peut-√™tre soumis aux impr√©vus ! Aussi, pour que vous soyez heureux encore longtemps, √ la naissance de votre fille, vous me la donnerez !

Monsieur Poire supplia la bonne sorci√®re ! Mais elle lui expliqua qu’un enfant chamboulerait leur vie. Fini les nuits de neuf heures, fini le calme √ r√™vassait, fini la tranquillit√©... Aussi, il accepta et raconta √ sa femme le march√© que venait de leur co√ »ter ses envies de mirabelles.

Quelques mois apr√®s, le b√©b√© vint au monde. La sorci√®re avertit par les pleurs vint sonner √ la porte et prendre le b√©b√© sous sa tutelle.

Les parents tent√®rent d’apercevoir la petite Mirabelle chez leur voisine. Mais la sorci√®re veillait sur l’enfant comme sur la prunelle de ses pruniers. Quand Mirabelle atteint l’√Ęge o√Ļ les filles font des cochonneries aux gar√ßons, elle l’emmena dans une de ses r√©sidences secondaires, et l’enferma en haut du donjon. Pensant la garder hors de danger, elle fit murer la porte du bas.

Et c’est ainsi que Mirabelle passa son adolescence √ faire de la musique sur des casseroles et √ chanter √ tue t√™te. Sa marraine la sorci√®re venait par la voie des airs chaque jour lui apporter √ manger et l’instruire afin que Mirabelle soit cultiv√©e et savante.

Mais, le danger r√īdait...

Un beau gar√ßon d√©cidant de visiter la campagne, entendit les chants hululesques de Mirabelle. Intrigu√©, il suivit le ce son metalleux et parvint au pied du donjon. En bon √©l√®ve il appr√©cia l’architecture du XII√®me si√®cle. Resta cependant intrigu√© car apr√®s avoir fait le tour de la b√Ętisse, il ne vit aucune porte.

¬« No soucye ¬ » se dit Mallus Bonus quand la meuf aura finit de gueuler je l’appelerai. Ce qu’il fit !
Mirabelle se pencha et fut √©tonn√©e de voir un √™tre humain de cette apparence. Elle n’avait jamais rencontr√© que sa marraine !

¬« Salut ! Comment on fait pour entrer chez toi ? ¬ »
¬« Par la fen√™tre pourquoi ? ¬ »
¬« Y a pas d’escaliers ? ¬ »
¬« NON ! ¬ »
Le jeune Mallus Bonus reparti intrigu√©. Mais que faisait cette n√©nette enferm√©e l√ -haut ? Il alla en ville et s’acheta un ULM puis revint vers la fille qui, il faut le dire avait une jolie frimousse.

Arriv√© sur le bord de la fen√™tre, Mallus demanda s’il pouvait entrer. Mirabelle lui dit oui deux fois plut√īt qu’une ! Elle lui fit du th√© et ils se mirent √ parler. Non, elle n’avait pas fait de b√™tises, sa marraine l’aimait tant qu’elle la pr√©servait des dangers du monde.

Tout allait tr√®s bien, et Mirabelle proposa de jouer √ l’infirmi√®re avec lui. Plut√īt √©tonn√© Mallus Bonus la laissa faire... Elle fit si bien qu’il revint pendant plusieurs semaines. Jusqu’au jour o√Ļ Mirabelle qui √©tait cultiv√©e mais idiote comme toutes les nanas qui ne savent qu’ingurgiter du savoir, fit savoir √ sa marraine qu’elle √©tait plus savante qu’elle.
¬« Comment cela ? ¬ »
¬« Eh ! Bien tous les √™tre humains n’ont pas une fente entre les cuisses, Mallus a une sorte de gros nez morveux qui coule quand je le mets dans ma bouche ou quand je m’assois dessus ! ¬ »

La bonne sorci√®re faillit d√©faillir ! Sa prot√©g√©e s’asseyait sur un nez morveux, mais comment cela pouvait-il se faire ? Elle toucha le ventre de Mirabelle et comprit que la minette √©tait enceinte. Elle eut une pouss√©e de fi√®vre, mais se retint de se mettre en col√®re.

Elle se borna √ faire un tour de passe-passe et fit une IVG transg√©nique √ Mirabelle. Apr√®s elle l’emmena ailleurs.
N√©anmoins, elle voulait voir √ quoi ressemblait le porteur de nez morveux. Aussi elle s’installa dans la tour et se mit √ faire un vacarme m√©tallique pour donner le change.

Mallus Bonus arriva bient√īt dans la chambre et resta saisi d’effroi devant la sorci√®re.
¬« O√Ļ est Mirabelle ? ¬ »
’Envol√©e ! Pourquoi vous voulez moucher votre nez ? ¬ »
¬« Ben un peu ! Si vous √™tes d’accord ? ¬ »
¬« Aucun probl√®mes pour moi ¬ » dit la bonne et gentille sorci√®re.

Mallus joua au docteur avec madame la Sorci√®re. Mais, la sorci√®re √©tait plus exigeante que Mirabelle car plus femme ! Aussi engueula t-elle cet imp√©tueux qui avait des √©jaculations trop pr√©coces √ son go√ »t, bien que normales. Vex√©, il partit en col√®re, rata son d√©collage et atterrit dans les ronces. Sous le choc des √©pines il perdit un peu beaucoup de sa vue.

Pendant des ann√©es il erra dans la campagne √ t√Ętons se nourrissant de ce que ses mains trouvaient. Jusqu’au jour o√Ļ un bruit de m√©tal vint faire mal √ ses oreilles La voix de m√©l√©casse de Mirabelle √©tait inimitable. Aussi, il se guida gr√Ęce au son et entra dans un tunnel.

Quand il surgit dans la salle d’o√Ļ provenait le son, Mirabelle sursauta.
¬« Qui √™tes-vous ? ¬ »
¬« Mallis, tu ne me reconnais pas ? ¬ »
¬« Mais t’as vachement veillis ! Et tes yeux !
¬« Apr√®s avoir couch√© avec ta marraine je suis tomb√© dans les ronces en dessous de ta fen√™tre et elles m’ont priv√© de vue ! ¬ »
¬« Attends, mets √ßa sur ton nez . ¬ » Elle lui colla une paire de lunettes dans la main. Mallus baissa son pantalon et attendit...

¬« Ben, tu fais quoi ? ¬ »
¬« Tu m’as dit de mettre la chose sur mon nez ! ¬ »
¬« Oui, mais pas celui l√ , celui qui te sert √ respirer. ¬ »
Mallus Bonus un peu g√™n√© s’empressa d’ob√©ir et retrouva la vue.
¬« Mince ! T’as pris un coup de vieux depuis la derni√®re fois ! Tu fais plus vieille que ta marraine ! ¬ »
¬« Ha ! Bon ! C’est grave ? ¬ »
¬« Non, mais t’√©tais moins grosse, moins joufflue, moins flasque avant ! ¬ »
¬« Je te signale que t’as des cheveux blancs, tiens regarde-toi dans la glace ¬ »
Mallus vit que sur lui aussi les années avaient passé... Sur ce arriva la sorcière toujours pimpante et fougueuse.

Elle regarda ce tableau d√©fra√ģchit ! Et n’eut pas le cŇ“ur de les s√©parer, ils √©taient si semblables, si moches de n’avoir pas su vieillir...
¬« Ben mes enfants, va √™tre temps de vous marier tous les deux ! Si on veut encore sauver quelque chose ! ¬ » Leur dit-elle.

Mallus Bonusla culotte toujours sur les chaussures regardait la sorci√®re, toujours aussi gironde, il lui fit un clin d’Ň“il en souvenir du bon vieux temps.

¬« Te fatigue pas Mallus t’as les yeux qui plissent et m√™me si ton nez √ l’air en forme, il remue, ce qui signifie qu’il ment ! J’ai mieux ailleurs, t’es juste assez bon pour Mirabelle ! Elle ne conna√ģt rien aux bonnes choses de la vie. ¬ »

Mallus Bonus emmena donc Mirabelle, l’√©pousa et commen√ßa √ vivre calmement, paisiblement, tranquillement sans que rien ne vienne perturber sa vie.. Lever √ 7h30, d√©jeuner √ 8h, boulot √ 9 h, retour √ la maison √ 19 heures, d√ģner √ 20h, Dodo √ 21 heures et le petit coup pour la route √ 21h15. Apr√®s les lumi√®res s’√©teignaient et bonne nuit Mirabelle et Mallus...

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